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L'Aube des Amours La fraîcheur irisée de l'aube d'un été Tremble dans les rayons du soleil réveillé -tiède sous ma main est ta peau - La forêt a l'odeur de la vie Et les fougères Dentellent sous ce ciel qui n'est que transparence Viens-t-en marcher au sentier du bonheur La beauté comme des perles Se coule entre mes doigts qui n'en retiendront rien Je veux un chant d'étoffe fine Je veux un chant d'étoffe parfumée J'ai tendu ma main L'Amour l'a prise Il avait visage d'homme Et je t'ai reconnu Ecoute Ecoute naître en nous La fervente douceur du silence parfait Les mots Les mots, mes mots, ces personnages Qui ont bien leur caractère S'habillent de ce qu'ils veulent dire A moins qu'ils ne se déguisent… Allez savoir… Le mot " rêve " insaisissable Flotte entre ciel et brume. Le mot " pudeur, enfant, me paraissait obscène Et aussi " se délecte ". Pourquoi ? Mais Je ponctuais mes sauts de trois mots : " L'élégance du geste " et c'était Inspirant. " Amphibologique " me fut un régal ; je m'enchantais Qu'il semblât se nouer et dénouer comme un ruban Comme un volubilis ou un serpent… Pourquoi depuis toujours ai-je aimé les serpents ? Mes amis les mots m'accompagnent Au long des routes campagnardes Avec moi roulent à vélo. Autour de moi dans le jardin ils font la ronde Et se moquent quand Sur un papier blanc Je veux les fixer. Et les voilà partis. Pourquoi ? Allez savoir… Mes mots et ma pensée s'entremêlent et démènent Et chamaillent comme marmots sournois A qui trompera l'autre - et je rage. Ma pensée et mes mots subitement s'enlacent La lumière jaillit, une autre pensée naît. J'écris. Des mots Me réveillent la nuit surgissant de nulle part Déstructurés, bizarres, angoissants, décevants, qu'au matin j'aurai oublié, des mots Des mots qui raisonnent et résonnent et claironnent Et qui sifflent et qui susurrent et toquent et s'entrechoquent Des mots Qui ont bien du malheur aussi : Les mots martyrisés, estropiés, violés, Désarticulés, profanés Les mots jamais créés pour la pensée mort-née Qui pourrait nous sauver - ou nous tuer Peut-être… Allez savoir (1974) L'escapade Ce matin je suis allée Prendre mon lait à la ferme Il faisait vent froid et sec J'ai pris mon automobile Je dois soigner mes vieux os Quel beau temps dit la fermière Après c'brouillard qu'on a eu Quel beau temps dit la voiture Après c'verglas qu'on a eu Quand j'ai voulu repartir L'auto a tourné à gauche C'est à droite que j'habite. Le soleil de janvier me faisait un cœur Tout d'or léger et le ciel Etait Si coquinement bleu Que je me suis sentis Joliment nue comme à seize ans. Alors l'auto est partie je me suis laissée mener le volant tournait tout seul Lorsque sinuait La route bien limitée Par ses deux rubans givrés Etincelants dans la lumière D'un vert si joli Si nouveau né Qu'il n'a pas encore de nom. J'étais entourée De vache statufiées De chevaux ailés De poules aux œufs d'or Et de vilains petits canards Pour faire plus tard de beaux cygnes. Les arbres s'en amusaient. J'ai roulé à quarante à l'heure Tout le monde était prévenu Alors on m'a laissé la route Pour moi Toute seule Je n'ai rencontré personne Qu'un cycliste et un employé Qui posait la ligne de téléphone Qu'on m'a promis depuis quatre ans. page suivante
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